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Anciens Combattants Canada

Le Canada se souvient de la campagne d'Italie

Agira

Par Bill Boss, La presse canadienne
Un ancien correspondant de guerre se souvient du temps où il a couvert la campagne d'Italie.

Le 1er novembre 2004

Le Cimetière de guerre canadien incarne à lui seul la campagne d’Italie de 1943-1944.

Comme il est situé au haut d’une colline mesurant un tiers du mont Agira tout près, il faut, pour voir les sépultures des 490 soldats tués au combat ou morts de leurs blessures qui y sont inhumés, gravir une pente raide. Ils avaient grimpé et lutté en pleine vue des Allemands installés plus haut dans les montagnes alentour qui tentaient, résolument mais en vain, de les tenir en échec.

Cependant, les Canadiens ont continué d’avancer, au prix de la vie des hommes inhumés ici et de 72 autres inhumés ailleurs en Sicile, et en dépit des blessures infligées à 1664 autres dans la lutte pour libérer cette île et poursuivre la guerre sur le continent.

Il est tout à fait de circonstance que ce cimetière si bien entretenu se trouve tout en haut, à la même altitude où ses occupants ont perdu la vie.

Ils avaient gagné la rive à pied, à environ 110 kilomètres au sud, à Pachino, et rencontré peu de résistance jusqu’à ce qu’ils atteignent les collines et les montagnes, et ils allaient passer le reste de leur temps dans les montagnes - ou à franchir péniblement des fleuves, des canaux et des fossés - pour faire reculer les Allemands.

La cérémonie d’aujourd’hui s’est déroulée de façon inusitée pour retenir l’attention des spectateurs pendant les longs discours délivrés en français, en anglais et en italien sur le même sujet. Trois parlementaires de la délégation ont prononcé un seul et même discours, alternant d’un paragraphe à l’autre de l’anglais à l’italien au français. Le discours était ainsi plus poignant et a retenu l’intérêt des membres de la délégation et des nombreux citoyens italiens présents. Voici, brièvement, en quoi il consistait.

« La bataille pour le contrôle d’Agira dura cinq jours, et les pertes furent très lourdes. Presque toute la Division canadienne y prit part. Ce fut en fait la plus importante bataille de la campagne de Sicile, et elle fit des centaines de victimes... Nous savons que les citoyens d'Agira ont vécu des souffrances incroyables. Lorsque les Canadiens pénétrèrent dans votre village, le 28 juillet 1943, ils ne savaient pas à quoi s'attendre. »

Selon le texte, une opération de bombardements sur Agira devait avoir lieu à 15 h 45, avant l'entrée du Princess Patricia's Light Infantry dans le village. Puis on cite un historien :

« ...vers midi, un officier du 1er Régiment de campagne canadien (artillerie), dont le désir de trouver un bon endroit pour observer le tir de soutien du Patricia l'avait amené en plein dans Agira, ne découvrait aucun signe d'activité ennemie, mais des rues remplies de gens qui lui faisaient une réception enthousiaste. On annula le bombardement et, à 2 h 39, deux compagnies du PPCLI entraient dans la ville. La population leur fit une ovation dans les banlieues; cependant, comme elles grimpaient les rues montant au coeur de la ville d'Agira, elles eurent droit à un autre genre d’accueil de la part de poches de résistance ennemies. Il fallut deux heures d'assez rude combat de maison en maison, le recours à une troisième compagnie de fusiliers et l'aide d'un escadron de chars pour nettoyer la ville. »

Cette nouvelle technique de discours a permis de vaincre la monotonie et de retenir l’intérêt des auditeurs, comme en ont témoigné les applaudissements.

Le vin a coulé à flots au repas de nombreux services qui a suivi la cérémonie, tout là-haut à Agira, et qui était offert conjointement par le maire de la ville et Anciens Combattants Canada, dans la très moderne salle des Rangers.

Sans contredit, une journée mémorable.